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L'Identité Artistique

La démarche artistique de la compagnie,

c’est aussi et avant tout, la démarche artistique de Didier Balsaux. Celle-ci forme une unité avec l’identité de la compagnie : la volonté d’aller à la rencontre du public pour lui adresser un message critique quoique décalé et, pour bien faire, digeste. Le refus de faire dans le « joli », le « consensuel » ou le « spectaculaire ». L’envie de faire ce métier non pas pour changer le monde mais pour penser le monde et susciter, si non le débat, au moins la réflexion. L’identité artistique est donc, chez nous, une question de ton. Un ton que nous qualifierions de rageur sans être agressif; l’impression de l’on doit continuer à espérer un monde meilleur ne fut-ce que pour échapper au découragement.


L’identité artistique de la compagnie repose sur l'appartenance à la rue et à la marionnette traditionnelle.

Pour ce qui est de la rue, retraçons le parcours en quelques mots : 1941, une charrette à bras, des spectacles à la manche puis des représentations payantes notamment sur la foire de Liège. Une réalité économique et artistique qui n'a rien à voir avec la « renaissance » du théâtre de rue en 1968, mais qui a pris une nouvelle dimension avec l’arrivée de Didier et de Claire dans la compagnie en 1992.

Pour ce qui est de la marionnette traditionnelle, c'est une autre affaire et après nous en être excusé pendant des années, le temps commence à poindre où il va falloir supporter que nous revendiquions de faire du théâtre moderne avec des antiquités pendues au bout des mains ! Nous laisserons à Dario Fo, Platon, Aristote, Horace, Shakespeare, Cervantes, Molière, Voltaire, Goethe, Sand, Bettelheim ou de Ghelderode la propriété de leurs paroles aussi multiples qu’élogieuses sur la pratique de la marionnette traditionnelle de surcroît.

Quelqu'un comme Dario Fo s'exprime parfaitement sur le geste du comédien emprunté aux Burattinis, sur le zoomorphisme des masques et des marionnettes, sur l'attachement aux traditions populaires et l'importance culturelle que cela revêt...

Lorsque Tchantchès s'exprime, c'est l'archétype de l'ouvrier liégeois qui s'exprime. En tant qu’archétype, on le comprend à Liège et aux quatre coins de la France tout comme on comprend ce qu’ Arlequin, Guignol, Polichinelle ou Punch nous racontent. C'est le point incroyablement fort de ce type de personnage, c'est l'homme du peuple qui nous parle dans un langage auquel on s'identifie.

En tant que marionnettistes, nous pouvons décider de lui faire parler le langage d'il y a un siècle et demi ou celui d'aujourd'hui. Nous considérons, pour notre part, que Tchantchès, et Tchantchès en rue si possible, est toujours un des personnages les mieux placés pour dire aujourd'hui qu'on ne peut pas laisser dormir des gens dehors, que « Dieu » se fout des croisades, que tutoyer le seigneur Godefroy,  c'est montrer qu'il est un homme au même titre qu'un roi, qu'un ministre ou qu'un va-nu-pieds, qu'il y a un avenir pour les gamins de cité en 2011...

Voilà le langage de notre Tchantchès, c'est en ça qu'il est traditionnel, parce qu'il parle du fond des temps, un langage vif, franc, simple, intelligent, universel et particulier à la fois, mais résolument moderne et enraciné dans son temps et sa culture. Tchantchès était moderne en 1900 quand il parlait de la mine, il l'est encore aujourd'hui entre nos mains. Il continue de fasciner les enfants qui découvrent qu'avec une poupée on devient père ou mère et continue à troubler les parents à qui il rappelle que la mort côtoie le vivant. C'est en cela que c'est bien une marionnette traditionnelle, sculptée pour être une image figurative du corps humain, image cependant disloquée, caricaturée, troublante et symbolique.

Que l'on adapte une légende vieille de presque deux siècles telle que le Meunier, ou que l'on raconte la naissance de Jésus vieille d'il y a vingt siècles au travers du Noël des Gueux, ou la conquête de Jérusalem par un fanatique il y a dix siècles, cela n'empêche pas d'être créatif, contemporain et de faire référence au présent, bien au contraire.