| L'Illustre famille Balsaux !
C’est Didier Balsaux qui a donc repris le bazar en 1992. Lui c’était plutôt un gamin des rues qui avait usé ses frocs sur le banc des théâtres de marionnettes traditionnelles liégeoises.
Aujourd’hui c’est l’illustre famille Balsaux qui tout entière fabrique les marionnettes et donne ses spectacles partout où l’on a déjà compris qu’elle était illustre.

Didier (le papa un peu gamin), Claire (la maman un peu gamine), Adrien (le gamin un peu marionnettiste), Marion (la gamine un peu clown). Ils vivent dans leurs roulottes et 100 jours par an, en moyenne, ils partent en Suisse, en France et en Belgique partager leur plaisir.
"En 1997, nous avons rencontré Gaspard Leclere, un comédien des Baladins du Miroir. Il aimait beaucoup nos spectacles dans ce que la tradition leur conférait de générosité envers le public. Très vite nos deux univers se sont rejoints et Gaspard a travaillé sur nos mises en scène."
Aujourd’hui se mêlent la générosité d’une marionnette traditionnelle qui communique "vrai" et l’originalité d’une mise en scène contemporaine.
Désormais, la compagnie est dirigée par Didier Balsaux, enfant du théâtre traditionnel formé à 9 ans, voici son parcours en quelques lignes.
Je suis né en 1968 dans le quartier populaire d’Outre-Meuse à Liège.
Liège est à la Belgique, ce que Lyon est à la France, à ça près que le héros local ne s’appelle pas "Guignol" mais « Tchantchès ».
Mon père était membre du Musée « Tchantchès », à l’époque celui-ci était dirigé par Henri Libert et il était le plus fameux théâtre de marionnettes liégeoises. Dès l’âge de 2 mois, ma mère me casait dans les coulisses du castelet pendant la durée des représentations théâtrales. Il n’y a que là que je pouvais échapper aux bousculades de la marmaille échaudée par les aventures du héros local. Je ne garde évidemment aucun souvenir de cette époque mais je considère, que d’être ainsi couché dans les coulisses de ce théâtre, sous les rangées de marionnettes liégeoises, a dû déterminer à jamais ma carrière de marionnettiste.
Il faut savoir que cet endroit était peuplé de plus ou moins 260 marionnettes magnifiquement sculptées dans le bois de tilleul. La taille pouvait atteindre 1,5 mètre et le poids 18 kilos.
A 9 ans, après avoir usé mes culottes sur les bancs de ce théâtre, j’ai été admis, au titre d’élève, aux côtés du maître Henri Libert. Pendant 6 ans mon apprentissage s’est poursuivi. Cela consistait essentiellement à regarder faire, à me taire, à ne pas être dans le chemin et à nettoyer la salle après le spectacle pour un salaire honorable : un sachet de chips et un soda.

En 1992, je suis devenu directeur de la Société Royale Marionnettes St-Gilloises, j’avais 25 ans et toutes mes dents (sauf deux dents de sagesses qui m’ont fait un jour affreusement souffrir, mais je vous raconterai ça une autre fois).
Hormis mes dents, ma camionnette, mes théâtres et mes marionnettes, je m’étais aussi trouvé une épouse : Claire qu’elle s’appelle (en dehors du fait qu’elle est pas très bronzée). On a fabriqué des marionnettes et monté des spectacles ensemble puis on s’est dit qu’un gosse ce serait pas mal. On a eu Adrien. Et puis comme c’était bien (vu que ça parle et que ça marche tout seul),on en a eu un deuxième, une fille : Marion (Marion - Marionnette, vous pigez ?)
Aujourd’hui, notre vie reste résolument liée à celle de nos compagnons de bois. Nous vivons dans notre caravane, toujours prêts à prendre la route.
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